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Nouveautés  |  17-02-2021

Josée Boudreault et Louis-Philippe Rivard: un couple uni et solidaire

 

 

Josée Boudreault et son conjoint, Louis-Philippe Rivard, sont les porte-paroles de la troisième édition de la campagne Mon deuxième premier mot, organisée par Aphasie Québec. Ils discutent avec nous de l’importance de s’impliquer dans la cause et de leurs projets de conférences.

 

Entrevue: Marie-Eve Leclerc

 

M.-E.L.: Vous êtes porte-paroles pour la campagne Mon deuxième premier mot, d’Aphasie Québec. Pourquoi avoir accepté ce mandat une deuxième année?

J.B.: «C’est important pour moi. J’ai maintenant de la difficulté à parler, et il y a beaucoup de gens comme moi. Lorsque j’ai fait mon AVC, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. Ça fait donc deux ans qu’on est tous les deux engagés dans cette cause pour Aphasie Québec.»

En vous impliquant dans cette cause, avez-vous été surpris par le nombre de gens vivant cette réalité?

J.B.: «Oui! On ne pense pas à ça quand on est en santé. Or, quand ça arrive, on se rend compte qu’il y a beaucoup de gens dans cette situation, et même pire: certaines personnes atteintes ne parlent plus du tout. C’est important de continuer à promouvoir la lutte contre l’aphasie pour que tout le monde sache de quoi il s’agit.»

L.-P.R.: «Je ne connaissais pas ça avant. Vu que c’est moins connu, il est plus difficile d’aider les gens aphasiques. Il y a quelqu’un qui nous a expliqué que, lorsqu’il arrivait dans un magasin, il se faisait dévisager. Maintenant, il dit qu’il a la même chose que Josée Boudreault, et les gens comprennent plus et l’aident. Avec l’aphasie, la personne atteinte a toute sa tête et sait exactement ce qu’elle veut dire. Josée est comme avant, mais elle a de la difficulté à s’exprimer. Donc, quand on sait de quoi il s’agit, on est plus porté à essayer d’aider l’autre.»

Josée, tu as dit que l’aphasie t’avait rendue plus à l’écoute des autres, de ta famille. Comment expliquerais-tu cela?

J.B.: «C’est vrai, avant je parlais beaucoup, maintenant, j’écoute. Il parle bien mon chum, finalement (rires). Je ris, mais c’est vrai que j’écoute plus qu’avant.»

Vous êtes une famille très unie. Avez-vous été surpris par la volonté de vos enfants de vous aider?

J.B.: «Oui, mais en même temps, maintenant, ils ne pensent plus à ça. C’est devenu habituel. C’est juste plus long parfois de dire les choses, mais Louis-Philippe n’est jamais loin.

L.-P.R.: «Les enfants, eux, s’habituent à la nouvelle réalité, et cette réalité, on tente de la garder dans la joie et le positif. Lorsqu’ils entendent parler leur mère avant l’AVC dans une vidéo, ça leur fait bizarre.»

Louis-Philippe, l’aphasie est devenue ton combat quotidien à toi aussi. Est-ce que ça changé l’amoureux que tu étais?

L.-P.R.: «Ça n’a pas changé, car on était déjà très fusionnels. On est surtout plus souvent ensemble, car on travaille conjointement. On s’aimait beaucoup, ça a même renforcé un peu notre amour, car la compassion s’y est ajoutée. Je veux aider Josée pour qu’elle fasse des choses. À la limite, ça nous a rapprochés, mais pour les couples qui vivent ça, c’est ça ou le contraire. On est une belle famille et on s’aide.»

J.B.: «Il est toujours fin avec moi. J’aimerais ça parfois le chicaner (rires). Il y a beaucoup de conjoints qui, face à la situation, préfèrent partir. Ce n’est pas mon cas, et je suis chanceuse.»

Dans un autre ordre d’idées, vous faites une conférence sur le bonheur pour voir positivement 2021. Quels sont les sujets que vous abordez?

J.B.: «Ça fait longtemps qu’on fait ça. Mais, maintenant, on est à la maison, c’est le fun. Louis-Philippe a travaillé fort pour que ça se poursuive. C’est super, car les gens sont au rendez-vous.»

L.-P.R.: « On est bien équipés à la maison pour avoir du fun et que ce soit beau. Avant la pandémie, on avait donné deux conférences au sujet du bonheur, environ 220 fois au total. Cette idée de conférence nous était venue un an après l’AVC de Josée. On discutait de ce qui faisait qu’on était redevenus heureux. Ce n’est pas de la psychologie, on fait part plutôt de notre propre expérience. Avec la pandémie, on a fait évoluer la conférence en prenant conscience que le bonheur peut se trouver dans le changement. On se rend compte qu’on est restés heureux, car Josée a accepté les changements dans sa vie, au lieu de rester accrochée au passé. Avec la situation actuelle, ça a un sens. On a découvert que ce qu’on a appris en 2016 nous aide aujourd’hui à accepter plus facilement les circonstances actuelles dues à la pandémie. On a appris à accepter les choses quand elles changent et à avancer malgré tout. De ne pas essayer de changer les choses qu’on ne peut contrôler, mais celles qu’on peut améliorer. C’est ce dont on discute dans le cadre de la conférence.»

Ça fait plusieurs années que vous présentez des conférences. Aider les gens, est-ce quelque chose qui deviendra fondamental dans votre carrière?

J.B.: «Avant mon AVC, j’avais commencé cette démarche, toute seule, avec Sois ta meilleure amie!. Ça fonctionnait très bien, et j’aimais beaucoup ça. J’ai arrêté après mon AVC, et j’ai recommencé ensuite avec Louis-Philippe. Je fais du bien autour de moi, c’est le fun. Les gens comprennent que je suis moins vite qu’avant, mais en dedans de moi, ça roule!»

L.-P.R.: «On se rend compte que, malgré ce qui lui est arrivé, Josée inspire encore les gens. Donc, aider les autres, ce n’est pas si dur que ça. Parfois, juste de leur parler une minute après les conférences, ça change tout pour eux.»

 

 

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